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Pourquoi avons-nous besoin d’un défilé?


La question la plus souvent entendue autour de la Fierté est « pourquoi avons-nous besoin d’un défilé? ». Ne laissez pas l’éclat et les paillettes des chars allégoriques actuels vous tromper; les origines du défilé de la Fierté sont beaucoup plus sombres que les célébrations actuelles le laissent présager. Aux fins du présent article, nous utiliserons le terme « queer » comme terme englobant tous les spectres de genre et de sexualité des personnes non hétérosexuelles et non cisgenres.


Les antécédents de discrimination et de danger inhérents au fait d’être une personne queer - existent depuis longtemps. En fait, dans la plupart des pays, y compris les pays d’Amérique du Nord, il a été illégal à un moment ou à un autre de vivre dans une relation homosexuelle. C’est pourquoi les personnes 2ELGBTQI+ se sont souvent rassemblées dans des clubs et des bars queers où elles ont trouvé refuge et où elles se sentaient en sécurité pour être elles-mêmes. Ces lieux avaient tendance à fonctionner discrètement, mais la police y faisait souvent des descentes et arrêtait les clients et les propriétaires sous prétexte que les rassemblements homosexuels, en particulier là où l’alcool était servi, « troublaient l’ordre public ». À New York, la situation était similaire. La New York State Liquor Authority soumettait régulièrement ces bars et clubs à des descentes jusqu’à ce que la réglementation autorisant de telles actions soit annulée en 1966. C’était une petite victoire pour les activistes, car les homosexuels pouvaient désormais se faire servir de l’alcool, mais il restait illégal de se livrer à des « comportements gais » (se tenir la main, s’embrasser ou danser avec quelqu’un du même sexe) en public, de sorte que la police continuait à harceler les bars queers en vertu de cette loi.


L’un de ces bars était le Stonewall Inn à Greenwich Village, à Manhattan; un club populaire pour les personnes queers de la ville qui servait d’espace sûr pour les drag queens, les fugueurs et les jeunes queers sans abri, et qui était l’un des rares clubs queers qui autorisaient encore la danse. Dans la nuit du 28 juin 1969, la police a effectué une descente au Stonewall Inn et a jeté brutalement des employés et des clients hors du bar, arrêtant 13 personnes et forçant les personnes qu’elle soupçonnait de porter des « vêtements inappropriés à leur genre » (c.-à-d. quelqu’un que la police a identifié comme un homme portant des vêtements conçus pour une femme) à aller dans les salles de bain pour confirmer leur sexe. Cela a déclenché une émeute impliquant des centaines de personnes, y compris les clients du bar et les résidents du quartier. Des milliers de personnes ont participé aux manifestations qui ont suivi l’émeute initiale. Ces protestations ont duré cinq jours de plus et ont changé le cours des droits des personnes queer aux États-Unis. Il y avait eu des soulèvements contre ce type de comportement auparavant, mais la rébellion de Stonewall a reçu plus d’attention que toute autre et est considérée comme le point de départ du mouvement pour les droits des homosexuels aux États-Unis et en Amérique du Nord, et même dans le monde, selon certaines personnes.


L’année suivante, le 27 juin 1970, des marches ont eu lieu à Chicago et à San Francisco pour marquer le premier anniversaire de la rébellion de Stonewall. Elles ont été suivies d’une marche à New York, du Stonewall Inn à Central Park, où les gens scandaient « say it loud, gay is proud » (dites-le haut et fort, les gais sont fiers) et d’un défilé similaire à Los Angeles, le 28 juin 1970. Ces marches et défilés sont devenus le tout premier « défilé de la fierté gaie » aux États-Unis. Le premier défilé non officiel de la Fierté au Canada a eu lieu à Vancouver en 1978. En 1979, les premières marches officielles de la Fierté canadienne ont eu lieu à Montréal et à Vancouver.


Bien que nous ayons la chance de vivre à un moment et à un endroit où la Fierté peut être un « défilé » plutôt qu’une marche pour lutter pour l’égalité des droits pour toutes les personnes, les raisons pour lesquelles « nous avons besoin » d’un défilé existent toujours, car le défilé de la Fierté symbolise la reconnaissance d’un moment crucial de l’histoire de l’Amérique du Nord qui a incité les gouvernements à évaluer et à réviser les lois discriminatoires qui oppriment la communauté 2ELGBTQI+. En tant qu’événement phare de toute célébration de la Fierté, le défilé vise à honorer les difficultés éprouvées et les sacrifices consentis, à célébrer les progrès réalisés par le Canada en matière d’égalité pour tous et toutes et à continuer de réfléchir de façon critique à la façon dont nous pouvons nous améliorer en tant que société pour nous assurer de traiter tous les gens avec respect et dignité. Aussi, honnêtement, qui n’aime pas les défilés?



Barres latérales :


1. Événements « Stonewall » canadiens :


15 juillet 1990 : La police de Montréal a attaqué l’après-fête du Sex Garage, ce qui a déclenché 36 heures d’affrontement entre les personnes 2ELGBTQI+ et la police de Montréal. Cette opération est considérée comme le Stonewall de Montréal, qui s’avère être un tournant pour le militantisme des droits des personnes queer au sein de la province.


2. En 1965, Everett Klippert, un Canadien vivant dans les Territoires du Nord-Ouest, a été interrogé dans le cadre d’une enquête sur un incendie criminel. Bien que la police ait déterminé qu’Everett n’avait aucune implication dans l’incendie, l’entrevue a mené à son emprisonnement pour une période indéterminée à titre de « délinquant sexuel dangereux » après qu’il ait admis être homosexuel. L’affaire a déclenché une vague qui a entraîné la décriminalisation de l’homosexualité par Pierre Elliott Trudeau en 1969, et Everett a été libéré en 1971. Il est connu comme étant le dernier Canadien à aller en prison simplement pour être homosexuel.


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