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L’importance des nuances : l’inclusivité de genre dans la langue au sein des FAC


Les Forces armées canadiennes comptent sur une communication claire et précise pour fonctionner efficacement. Des ordres et politiques jusqu’aux courriels et affichages courants, la langue façonne la façon dont l’information est comprise et le ressenti des gens dans leur milieu de travail. Tandis que notre institution continue de refléter la diversité de la société canadienne, le fait de tenir compte des nuances dans notre façon de nous exprimer, en particulier en ce qui concerne le genre, est un élément de professionnalisme de plus en plus important.


Dans l’usage quotidien, en anglais, les termes woman/man (femme/homme) et female/male (femelle/mâle) sont souvent considérés comme interchangeables. Dans certains contextes, cela peut sembler raisonnable. Toutefois, ces mots n’ont pas toujours le même sens, et la façon dont ils sont utilisés peut avoir une incidence sur la façon dont les messages sont reçus par différents membres de notre communauté, y compris les personnes qui font partie de la population 2ELGBTQIA+ des FAC.


De façon générale, les termes femme et homme et leurs équivalents anglais désignent le genre en tant qu’identité sociale – la manière dont les gens se comprennent eux-mêmes et vivent dans le monde. Les termes anglais female et male, d’usage courant dans cette langue, devraient plutôt être utilisés seulement comme des descripteurs biologiques. On peut en faire un usage approprié dans un contexte médical, scientifique ou administratif lorsqu’une classification biologique est requise. En dehors de ces contextes, leur utilisation peut sembler impersonnelle, réductrice ou discriminatoire lorsqu’on fait référence à des personnes, particulièrement lorsqu’on les utilise comme noms plutôt que comme adjectifs.


Cette distinction peut paraître subtile, en particulier si vous la rencontrez pour la première fois. Après tout, bon nombre d’entre nous ont appris ces termes bien avant que les conversations sur la diversité des genres prennent de l’ampleur dans la société canadienne. Pourtant, chez une partie du personnel militaire, en particulier le personnel transgenre et de diverses identités de genre, ces nuances ont un poids réel. Une personne qu’on décrit principalement par des termes de biologie peut sentir que son identité est effacée ou niée, même si cela n’est pas l’intention du message.


De là l’importance de faire la distinction entre intention et conséquence. Un choix de mots qui est neutre du point de vue de l’auteur peut être perçu tout autrement par le destinataire. Dans les FAC, un tel principe n’est pas nouveau : qu’il s’agisse de diriger des troupes, d’encadrer des subalternes ou de représenter l’institution à l’extérieur, on s’attend à ce que nous tenions compte de la façon dont les autres peuvent percevoir nos actions, car les bonnes intentions ne suffisent pas. Ce principe s’applique aussi au domaine des communications.


L’emploi conscient d’une langue inclusive ne veut pas dire chercher des coupables ou surveiller chaque mot. Il s’agit d’harmoniser nos communications avec nos valeurs : dignité, respect et professionnalisme. Tout comme nous adaptons notre langage au public cible, à la structure de grade ou l’environnement opérationnel, nous pouvons également prendre soin d’utiliser une terminologie qui reflète et respecte les personnes qui servent à nos côtés.


Il y a aussi un avantage pratique : le langage inclusif favorise la confiance et la cohésion au sein des équipes. Lorsque les membres se reconnaissent dans des communications exactes et respectueuses, il se crée un sentiment d’appartenance et de sécurité psychologique. Ces facteurs ont une incidence directe sur le moral, la rétention et le rendement, en particulier dans les milieux très stressants où la confiance mutuelle est essentielle.


Si la diversité des genres est une notion que vous êtes encore en train d’apprendre, il peut être utile de vous concentrer sur quelques principes simples : utiliser des termes axés sur les personnes, comme femmes, hommes (angl. : men, women) ou, idéalement, des termes de rechange inclusifs comme les militaires ou le personnel (angl. : members, personnel), à moins qu’il n’y ait une raison claire de faire référence à la biologie. Lorsque des termes de biologie comme female ou male (en anglais) sont utilisés, demandez-vous s’ils servent réellement de descripteurs ou plutôt de mots substituts pour désigner l’identité; En cas de doute, la clarté et la simplicité sont généralement l’approche la plus sûre.


Il est important de noter qu’on ne recherche pas la perfection lorsqu’on apprend à s’exprimer de manière inclusive. Tout le monde fera des erreurs, surtout dans un contexte d’évolution de la langue. Ce qui compte, c’est la volonté d’écouter, de réfléchir et de s’adapter lorsque de nouvelles notions sont comprises. Cette volonté est une force dans tout milieu professionnel, en particulier dans un milieu où l’adaptabilité est aussi importante que dans les FAC.


Au fur et à mesure que l’institution se modernisera, notre langue évoluera aux côtés de nos gens. Porter attention aux nuances est un moyen pratique de nous assurer que nos mots favorisent la culture d’inclusion que nous travaillons à bâtir, plutôt que lui nuire. Ce faisant, nous renforçons non seulement nos communications, mais aussi nos équipes et notre efficacité opérationnelle dans son ensemble!


 
 
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