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Sergent Joe Jesso : le soldat qui collectionne les cauchemars

Dernière mise à jour : 4 nov.

Par Martin Zeilig – Reporter Voxair


Dans un coin tranquille de Winnipeg, au Manitoba, vit un homme dont la vie défie toute catégorisation facile.


Le jour, le sergent Joe Jesso sert des repas au 17 Escadre Food Services. La nuit, il plonge dans un monde de terreur cinématographique, un sanctuaire souterrain qu'il appelle son « musée masqué ».


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À l'étage, des affiches et des souvenirs témoignent de cette obsession, mais c'est au sous-sol que la transformation est complète : un sanctuaire dédié à l'horreur, au heavy metal et à la culture pop, aménagé avec une précision militaire et la ferveur d'un homme qui connaît les monstres mieux que quiconque.

Il connaît la peur et la fascination, et sait à quel point elles vont souvent de pair.

 

Le parcours du sergent Jesso dans les Forces armées canadiennes a commencé en mars 2008. Après huit ans à la BFC Cold Lake, il est arrivé à la 17e Escadre en août 2025. Sa carrière militaire a été marquée par la discipline, la résilience et un sens profond du devoir.


« J'ai toujours cru qu'il fallait faire quelque chose qui me dépasse », dit-il. « L'armée m'a donné une structure, un but et un sentiment d'appartenance. »

Son épouse, Myra, qui sera bientôt caporal-chef et opératrice de contrôle aérospatial, partage son engagement au service. Ensemble, ils concilient vie familiale et carrière militaire.

Sa fascination pour l'horreur a commencé dans les années 1980, l'âge d'or des films d'horreur.


« Je me souviens d'être allé dans un magasin de proximité qui proposait une sélection de films, et j'étais toujours attiré par la section horreur », se souvient-il. « L'album et le clip Thriller de Michael Jackson, sortis en 1984, m'ont terrifié. C'était ma première addiction. La peur était ma première addiction. »


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Cette passion précoce s'est transformée en une obsession qui l'accompagne depuis toujours. Aujourd'hui, sa collection comprend des milliers d'objets : affiches de films vintage, cassettes VHS rares, accessoires dédicacés, répliques grandeur nature et costumes originaux. Son bien le plus précieux est un masque signé provenant du film A Nightmare on Elm Street, porté par Robert Englund lui-même.

La collection du sergent Jesso n'est pas seulement vaste, elle est également méticuleusement organisée.


« Je traite ma collection comme une armurerie », plaisante-t-il. « Chaque objet a sa place et chacun est essentiel à la mission. »


Son sous-sol, le « musée des masques », abrite plus de 100 masques, de Freddy Krueger et Jason Voorhees aux costumes de scène emblématiques de Slipknot. Certains sont en latex, d'autres en silicone de haute qualité, fabriqués par des artistes indépendants.


 « Je me suis déguisé en costume complet pour distribuer des bonbons aux enfants à Halloween », raconte-t-il. « Il existe une communauté de collectionneurs de masques. J'ai arrêté de collectionner les masques pour le moment, car je manque d'espace. »

Avant 2020, le sergent Jesso avait des problèmes d'alcoolisme.


« J'étais un grand buveur », admet-il. « C'est au début de l'année 2020 que j'ai pris la résolution d'arrêter de boire. Je me suis donc concentré sur ce que j'aimais faire quand j'étais jeune : collectionner. »

Ce changement a conduit à une renaissance créative.


En 2020 il s'est plongé davantage dans la musique, élargissant sa collection de guitares à 14 instruments, dont une guitare japonaise sur mesure d'une valeur de 10 000 dollars.

« Je joue de la guitare depuis l'âge de 13 ans. Je préfère jouer selon mon inspiration, en improvisant. J'ai appris tout seul en regardant des vidéos. »


Jesso ne collectionne pas seulement des objets, il collectionne aussi des histoires. Sa bibliothèque Stephen King comprend toutes les premières éditions classées par ordre chronologique. «

J'adore ses écrits, en particulier ses œuvres plus anciennes », dit-il.


Il a rencontré des légendes telles que Metallica à Saskatoon et KISS à Calgary. Mais ce n'est pas une question de célébrité, c'est une question de connexion. « Chaque pièce a une histoire, un lien avec un moment qui a effrayé ou enthousiasmé quelqu'un. C'est très puissant. »


Communauté et lien

Le sergent Jesso est une figure incontournable de la communauté des collectionneurs d'objets liés à l'horreur. Il participe à des conventions, échange des objets et encadre de jeunes collectionneurs.


« L'important n'est pas d'avoir le plus d'objets possible », explique-t-il. « Il s'agit d'aimer ce que l'on fait et de respecter la culture. »


Regard vers l'avenir

La passion du sergent Jesso pour l'histoire et la narration transparaît dans la façon dont il organise sa collection personnelle d'artefacts et de souvenirs. Parmi ses biens les plus précieux figure une valise vintage marron des années 1930, dans laquelle il range son costume de cosplay Indiana Jones Raiders of the Lost Ark, assemblé avec le plus grand soin.


Inspiré par Adam Savage, connue pour ses répliques d'accessoires fidèles à l'écran, le sergent Jesso a vu ce qui était possible et a su qu'il pouvait recréer la même magie cinématographique.


« Je vois ce qu'il a et je sais que je suis capable d'obtenir la même chose », dit-il avec un sourire.


Si certains pourraient penser que son dévouement traduit son ambition d'ouvrir un musée, le sergent Jesso précise que ce n'est pas le cas. Sa collection est une entreprise personnelle, un hommage aux histoires qui l'ont façonné et un moyen de se connecter avec d'autres personnes qui partagent son enthousiasme pour l'aventure, l'artisanat et les détails historiques.

 
 
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